Le véritable changement commence par une vision
Il est des moments où une ville doit choisir son destin. Non pas pour les six prochaines années, mais pour les trente prochaines. Gujan-Mestras est aujourd'hui à ce moment de son histoire.
Vingt ans sans véritable stratégie d'anticipation
Depuis plus de vingt ans, notre commune n'a pas engagé une politique foncière et de production de logements permettant de répondre progressivement aux exigences de la loi Solidarité et Renouvellement Urbains (SRU). Les objectifs se sont accumulés au fil des années, les déficits se sont creusés et aucune stratégie de long terme n'a véritablement été mise en œuvre pour préparer l'avenir.
Aujourd'hui, cette absence d'anticipation produit ses effets. L'État intervient davantage dans la définition des politiques d'aménagement, les contraintes se renforcent et notre commune doit désormais mobiliser, dans l'urgence, des outils qui auraient pu être utilisés bien plus tôt dans le cadre d'une stratégie maîtrisée.
La convention récemment signée entre l'État, la Ville de Gujan-Mestras et l'Établissement Public Foncier de Nouvelle-Aquitaine (EPF) illustre parfaitement cette nouvelle réalité.
L'EPF : un outil, pas un projet politique
Pour beaucoup de Gujanaises et de Gujanais, l'EPF demeure un organisme méconnu. Pourtant, il jouera un rôle important dans les années à venir.
Il est donc essentiel de comprendre ce qu'il est… mais surtout ce qu'il n'est pas.
L'EPF n'est ni un promoteur immobilier, ni un constructeur. Il ne délivre pas les permis de construire et ne décide pas des projets.
Son rôle est d'aider les collectivités à acquérir du foncier lorsqu'elles n'ont pas la capacité financière de le faire immédiatement. Il achète des terrains ou des bâtiments, les porte pendant plusieurs années puis les rétrocède à la commune lorsque le projet est suffisamment mûr pour être réalisé.
L'EPF est donc un formidable outil d'anticipation.
Mais un outil ne remplace jamais une vision.
Le véritable enjeu n'est pas l'outil, mais la stratégie
Le véritable sujet n'est pas l'EPF.
Le véritable sujet est de comprendre pourquoi Gujan-Mestras a aujourd'hui besoin de cet accompagnement renforcé.
Toutes les communes soumises à la loi SRU doivent répondre à des obligations en matière de logement.
Le problème n'est pas l'existence de ces obligations.
Le problème est d'avoir attendu plus de vingt ans avant de les anticiper.
Lorsqu'une commune renonce durablement à préparer son développement, elle perd progressivement sa capacité à choisir. Les décisions deviennent des réponses à l'urgence plutôt que l'expression d'un véritable projet de territoire. Les marges de manœuvre se réduisent, les contraintes s'imposent et la liberté d'agir diminue.
C'est précisément cette logique que CAPGM souhaite dépasser.
Le monde a changé, notre urbanisme doit changer aussi
Le changement climatique, la préservation de notre forêt, la protection de la biodiversité, la raréfaction du foncier et la nécessaire sobriété dans la consommation des espaces imposent désormais une autre manière de penser la ville.
Pendant longtemps, développer une commune signifiait souvent ouvrir de nouveaux secteurs à l'urbanisation.
Cette époque est derrière nous.
Le véritable courage politique consiste désormais à construire autrement.
Construire la ville sur la ville
Des outils comme l'EPF ou les Zones d'Aménagement Concerté (ZAC) doivent être regardés pour ce qu'ils sont réellement : des moyens, et non des finalités.
Ils peuvent servir à poursuivre l'étalement urbain.
Mais ils peuvent aussi devenir des leviers pour reconquérir les friches, transformer des bâtiments vacants, revitaliser les centres-bourgs de Gujan et de Mestras, rapprocher les logements des commerces, des écoles, des transports et des services publics.
Autrement dit, ils permettent de construire la ville sur la ville, sans continuer à consommer les espaces naturels qui font la richesse de notre territoire.
Réconcilier logement et préservation de notre identité
Chez CAPGM, nous ne contestons pas les outils.
Nous contestons l'absence de vision qui les accompagne.
Nous sommes convaincus qu'il est possible de répondre aux besoins en logements tout en protégeant durablement notre patrimoine forestier.
Nous sommes convaincus qu'une commune qui maîtrise son foncier conserve aussi sa liberté de décider.
Nous sommes convaincus que revitaliser les centres-bourgs est plus vertueux que poursuivre l'étalement urbain.
Notre ambition n'est pas d'opposer logement et environnement.
Elle est de les réconcilier.
Parce qu'une ville attractive est une ville où chacun peut se loger.
Mais c'est aussi une ville où l'on respire, où les commerces vivent, où les services sont accessibles et où les générations futures héritent d'un territoire préservé.
Préparer l'avenir plutôt que subir le passé
Au fond, la question n'est pas de savoir quel outil utiliser.
La véritable question est de savoir quelle vision nous voulons porter pour Gujan-Mestras.
Une ville qui subit les conséquences de plus de vingt années sans véritable anticipation foncière et urbaine ?
Ou une ville qui retrouve la maîtrise de son avenir grâce à une stratégie pensée sur le long terme ?
Pour CAPGM, le véritable changement commence par une vision.
Une vision qui anticipe.
Une vision qui protège.
Une vision qui revitalise.
Une vision qui rassemble.
Parce que les erreurs d'hier ne doivent jamais devenir les contraintes de demain.
Et parce que le plus bel héritage que nous puissions transmettre n'est pas seulement une ville qui s'est développée…
C'est une ville qui a su préserver son identité tout en préparant son avenir.